Le moyen-âge



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Implantation du village

Jusqu’à une période récente, difficile à évaluer mais certainement le haut moyen-âge, l’emplacement actuel du village n’était qu’un marécage. Le site formant une cuvette naturelle receuillait l’écoulement des eaux de plusieurs versants, puis, par débordement, s’écoulait ensuite dans l’Ardèche. On ne trouve aucun vestige antérieur à cette période sous les habitats ou dans les jardins environnants, preuve confirmant la thèse. Mais la position de cette falaise surplombant la sortie des gorges avec en prime de l’eau à volonté ne pouvait passer inaperçu au pouvoir en place. Afin d’abaisser le niveau de la nappe d’eau une brèche fut agrandi au niveau du lieu-dit "La Fonquette" ou "Le Maupas". La construction du castrum pouvait débuter, les plus anciens vestiges encore en place semblent dater du Xème siècle.

Choix du toponyme

Pour beaucoup l’origine de l’appelation “Aiguèze” ne fait aucun doute et proviendrait de la présence d’eau ou “d’aïguo” dans son sous-sol. Mais ce serait aller un peu vite en besogne que de se ralier à cet opinion. Une autre racine serait plus crédible: dans les textes moyenâgeux on trouve le mot "aiguedier" pour désigner le guetteur de cour d’eau. Cette seconde hypothèse est, vous en conviendrez, beaucoup plus acceptable. En effet le choix du site a été dicté par cette volonté de surveiller ou de guetter le cour d’eau sous-jacent.
La plus ancienne mention du village est faite dans un acte de 1193. Cet acte est rapporté par Claude Devic et Joseph Vaissete dans leur "Histoire générale de Languedoc" au début du 18ème siècle. On trouve également dans un acte de la commanderie de Saint-Jean-de-Trignan en date du 11 des calendes d’avril 1175 la mention d’un certain Poncius d’Aiguèze, celui-ci étant cité comme témoin.

Le plus ancien texte où Aiguèze est cité →

Les comtes de Toulouse

On ne possède aucune information sur le château d’Aiguèze avant ce fameux acte de 1193. A cette époque l’évêque de Viviers possède des droits sur le village, droits qu’il cède à Raymond V, comte de Toulouse, en échange de ceux dont le comte possédait sur la ville de Viviers. Les comtes de Toulouse eurent ainsi de nombreux démêlés avec les évêques de Viviers ou les différents seigneurs du vivarais, lesquels étaient soutenus par l’empereur d’Allemagne. En effet en 1177 l’empereur donna un diplôme pour renouveller la charte qu’il avait accordée en 1149 à l’évêque et où il déclare que l’église de Viviers n’est soumise qu’à l’empire. Raymond V décède en 1194, c’est son fils Raymond VI qui lui succéda. Mais les progrès de l’hérésie cathare allait provoquer une des plus grande crise que connut le Languedoc: la croisade des Albigeois. Raymond VI qui adhérait et tolérait l’hérésie fut excommunié une première fois. L’évêque de Viviers profita de l’oportunité qui s’offrait à lui pour réviser ses prétentions. C’est dans ce contexte qu’on retrouve un second accord où est mentionné une nouvelle fois le château d’Aiguèze.

L’acte de 1210 →

Dans cet acte, Bernon, évêque de Viviers, proteste que le Comte a fait construire sur ses fonds le château de Fanjau et qu’il possède injustement plusieurs fiefs. L’évêque demande la restitution des châteaux d’Aiguèze, de Groupierre et Remoulin, de deux cents marcs d’argent et de six deniers par marc sur tout l’argent qu’on tirait des mines. Par accord l’évêque céda au comte le fief du château de Fanjau en échange de divers autres fiefs acquis injustement dans les domaines de l’évêché.

Le 14ème siècle

Une copie d’acte du 14ème nous apprend que la commanderie de Trignan possédait des droits sur le Plan de Tresmaux et qu’il s’éleva des difficultés dans l’exercice de ce droit.

L’acte de 1317 →

Le chartier d'Uzès nous signale qu’en 1352 Bertrand d’Aiguèze rend hommage au roi pour une partie de la seigneurie d’Aiguèze plus la troisième partie de la quatrième partie de Saint-Julien-de-Peyrolas. Cet acte confirme qu'il existait bien une famille portant le patronyme Aiguèze. Cette même année Hugues De Carsan, comme tuteur de Jacques De Carsan son neveu, rend également hommage au roi pour sa co-seigneurie d’Aiguèze. En 1359 c’est Guillaume Audigier, comme mari de Bellona, héritière de Guillaume De Carsan, qui rend également hommage pour une partie d’Aiguèze.

Acte du 17 septembre 1378 où est cité Noble Artaud D’Aiguèze (Nobilis Artaudo de Ayguedine). Cet acte donne pour seigneur majeur Noble Pons De Biordon, celui-ci veut confirmer les fourches patubulaire plantées par son prédécesseur. Est également citée la vigne d’un certain Guillaume Chabot située à côté de la Malautière.

L’acte de 1378 →

Au début des années 1380 eu lieu une célèbre jacquerie, le tuchinat, et dont Aiguèze fut un repaire des constestataires. Grâce au procès qui s’en suivit on a gardé le témoignage des événements, c’est ainsi qu’on y apprend que le baille d’Aiguèze se nommait Etienne Astier, qu’il se ralia à la cause et qu’il fut pendu à un amandier du côté de Vézenobres. Un certain Barnouin était également tenancier d’un hôtel où y fut rendu justice.

Extrait sur le tuchinat du chanoine Pierre Beraud →

Dans le dénombrement des feux de la sénéchaussée de Beaucaire et Nîmes en 1384, on trouve pour Aiguèze: “Ayguedine et Petra ubi IX foci pro simili”. Il y avait donc à la fin du tuchinat neuf feux, ou cellules familiales imposables, sur Aiguèze et Pétra (Saint-Martin-de-la-Pierre).

Le 22 juillet 1388 il y eut une transaction entre les habitants d’Aiguèze et de Saint Julien et les seigneurs de Saint Julien. Cette transaction faisant suite à un grave différent au sujet d’une langue de terre que l’Ardèche avait délaissée en changeant son cours. Pour plus d’information voir l’inventaire des titres.

Le 15ème siècle

L’entête de la copie d’acte de 1317, et exécutée au 15ème, nous apprend que la seigneurie d’Aiguèze était possédée par deux co-seigneurs: la famille De Sabran et Raymond D’Aiguèze. Ce Raymond étant vraisemblablement un descendant de Pons cité précédemment.

Au milieu de ce siècle le nouveau seigneur majeur est Thomas De Belles Manières. En 1486 il vend l’hôpital d’Aiguèze, avec ses terres, aux Recteurs de l’oeuvre du Pont-Saint-Esprit. Ces derniers conserveront ces biens jusqu’à la révolution.